"odi et amo" J. C.
23.4.17
19.4.17
3.3.17
20.2.17
12.12.16
Kanaky [13/Yehnizidridrì]
C'est pas croyable ce qu'il se passe dans ce genre de coins
où la route se termine en boucle au milieu des arbres.

Libellés :
4x5,
le Pacifique
14.11.16
Kanaky [12/Eni]
Et encore une église évangéliste, avec sa sainte trinité de cocotiers.
Evangelist church in Eni, with holy trinity of coconut trees.
Libellés :
4x5,
le Pacifique
18.10.16
24.9.16
19.6.16
13.6.16
9.6.16
18.5.16
15.5.16
19.3.16
7.3.16
24.2.16
18.2.16
17.2.16
Kanaky [déchet n°1]
Le 4x5", c'est fabuleux, mais si on est pas concentré, il y a mille raisons de foirer sa photo.
Mais comme le gaspillage c'est mal, on va quand même les publier,
et puis à cette taille, personne ne va remarquer qu'elle est floue.
Libellés :
4x5,
le Pacifique
16.2.16
La blog sur le livre des visages
Comme le blog va bientôt se réveiller, que plus grand monde ne passe par là et qu'on est pas technophobes en dépit de l'amour de la pellicule, la blog entre sur facebook !
15.3.15
Kanaky [4/Nouméa]
L'église néo-apostolique, à fond la forme ici
comme toutes les églises évangélistes de la région.
Avec leurs chiffres défiant toute concurrence, j'attends toujours
avec impatience une une alarmiste d'hebdomadaire sur
“La dangereuse évangélisation du monde“...
Libellés :
4x5,
le Pacifique
4.3.15
Je travaille
J'ai remarqué que ça fait maintenant 8 mois que j'ai pas posté,
mais c'est pas pour autant que je fout rien de mes journées.
J'ai pris des loooongues vacances, j'ai fait pas mal d'images,
entre autres, mais plus de jardinage.
Torpeur des tropiques oblige (d'autant plus que ma nouvelle chambre est
sous le toit de tôle), va falloir attendre un bon moment avant de les voir celles-là,
sauf si quelqu'un a un plan scan en Nouvelle-Calédonie (lache ton com').
Après, je suis rentré, il a fallu un peu de temps avant de récupérer
chambre, fringues, ordi, écran, mais ça y est, je suis sur le coup,
entre deux cours à la fac.
Youpi c'est la rentrée !
Ma vitesse de travail est proportionnelle à la taille du bureau
mis à ma disposition par le campus.
Promis, bientôt y'aura des vraies images.
3.7.14
Nouveautey
Un mini post pour dire à ceux qui suivent que les images
de ce blog sont présentées (lisiblement) ici.
27.6.14
Kanaky [1/Nouméa]
Celà fait un an et demi que j'ai déménagé
dans la colonie territoire d'outre-mer
française de Nouvelle-Calédonie.
Surpris de voir ce que notre civilisation de primitifs
avait pu recouvrir de béton en si peu de temps...
Libellés :
4x5,
le Pacifique
4.4.14
Pulau Pelni [12/Merauke]
L'arrivée à Merauke me semble interminable.
Je me dis que c'est fou le pouvoir de la psychologie
quand on m'explique que le bateau a ralenti
car les eaux sont très peu profondes,
même si on ne voit pas encore la côte.
Quelle ambiance ces deux derniers jours,
dans le bateau presque vide.
J'attends avec Oma que ses enfants viennent la chercher,
ils arrivent, on discute, je ne comprends pas tout quand elle leur parle de moi,
mais je comprends que c'est élogieux, forcément, je suis invité.
Je monte derrière la petite moto de son fils. Il me remercie de m'être occupé d'elle.
Il est émouvant ce trajet.
mais je comprends que c'est élogieux, forcément, je suis invité.
Je monte derrière la petite moto de son fils. Il me remercie de m'être occupé d'elle.
Il est émouvant ce trajet.
Oma distribue des cadeaux de Java, car on ne trouve pas de tout à Merauke.
On s'assoit par terre & on mange, pour le retour de la grand-mère.
Son fils & sa femme exercent exactement les mêmes métiers que mes parents,
ils ont un fils à peine plus jeune que moi & deux autres enfants plus jeunes.
Je contemple cet avatar familial ébahi.
Le lendemain, on part faire un tour en ville.
Tiens, on peut acheter des têtes de wallabies au marché.
Forcément, petit contrôle des papiers.
Forcément, petit contrôle des papiers.
Le deuxième arrêt est le poste de police pour obtenir le surat jalan :
le laisser passer obligatoire pour tous les étrangers.
Interrogatoire interminable.
Au final, le boss n'est pas là, & je ne peux pas l'avoir.
Mais comment savent-ils que j'ai fait des photos à Amamapare ?
Alors on continue : on reviendra lundi.
Le soir, on rentre :
"La police a appelé de Jakarta ce matin,
ils voulaient confirmation que nous hébergions un photographe."
Tiens donc.
Tous ces contrôles d'identité m'ont fatigué,
j'ai l'impression de connaître tout les flics de la ville.
Je n'imagine même pas dans quelle merde je serais
si j'avais été accueilli chez une famille papoue.
Le lendemain rebelote & lundi, j'apprends qu'il n'y aura pas
de surat jalan pour moi : "Pergi tolong."
Alors je m'exécute.
Je réserve un billet d'avion pour le surlendemain à destination de Makassar.
Je me sens triste, frustré, mais si serein
quand l'avion s'arrache du sol.
Dans 2h je serai à Makassar
(après un passage express à Jayapura & ses hélicoptères aux 1000 roquettes)
dire que j'y étais il y a 10 jours.
Mais quels 10 jours.
(je serai encore plus frustré de voir que j'ai bousillé
mon film de Merauke en le collant sur un autre film
au développement chez Luka ; je hais les spires)
30.3.14
Pulau Pelni [11/Agats]
Les quelques papous montés à Amamapare
dorment sur le pont.
Ce n'est pas les premiers à faire ça,
mais le bateau est presque vide.
Je regarde tristement cette fracture sociale & culturelle
avant d'arriver à Agats, 2000 habitants,
chef-lieu de la région Asmat & de ses mythiques sculptures.
Dans sa lumière laiteuse.
Tiens, ils ont ouvert la porte du pont avant.
21.3.14
Pulau Pelni [10/Amamapare]
Après les cris de joie, je sors aider Fadur à descendre ses affaires,
après tout ce qu'il m'a appris en indonésien,
c'est la moindre des choses (& puis j'ai la dalle !).
Amamapare est le port de Timika, la ville qui abrite
la plus grande mine d'or & de cuivre du monde,
exploitée par Freeport Indonesia (filiale d'un groupe US).
Cet espèce de trou géant creusé à grands renforts de pelles mécaniques
& de sang papou représente à lui seul 2% du PIB de l'Indonésie.
Le budget corruption doit pas être triste non-plus.
La première chose qui me choque est le combo chaleur/humidité.
La seconde c'est que les gens se jettent des graviers dessus.
Je comprends rapidement que les graviers sont uniquement destinés
aux porteurs papous, à qui revient la lourde tâche de décharger le bateau
de la plus grande partie de son chargement (dont les oignons)
afin de les faire bosser plus vite.
Tous les habits officiels & uniformes sont sur des dos indonésiens,
les civils semblent si riches à côté des papous en hardes.
La scène est tellement ridicule, tellement cliché,
j'ai l'impression d'être dans un mauvais film.
Ma sympathie pour les indonésien en prend un coup.
Je suis là dedans, au milieu de tout cet habituel bordel.
Du racisme en plus, je suis un OVNI.
Je pose les cartons de la petite famille, une photo souvenir,
une dernière kretek (Dji Sam Soe 234, celles qui arrachent bien),
je lui promet de m'occuper de Oma, la grand-mère à côté de moi
& lui souhaite bonne chance pour la mine.
Ils partent dans un nuage de poussière.
Depuis que je suis sorti du bateau, je sens des regards sur moi,
pas vraiment le délire bon enfant auquel je me suis habitué.
Je pars acheter de quoi rendre le quotidien culinaire
moins morose pour ces deux derniers jours de navigation
(& un ptit stock de baume du tigre).
Un peu trop d'uniformes à mon goût, rien à foutre, je sors le Rollei.
Je fais quelques images sans même viser. Encore des regards.
Je m'approche de la passerelle pour remonter.
Un mec m'aborde.
"Paspor tolong."
Merde.
Il tire une gueule jusque par terre.
Je sors le passeport, il l'examine
avec trop de minutie à mon goût.
Il me pose quinze mille questions,
ces même quinze mille questions auxquelles
j'ai déjà répondu des dizaines de fois.
Tu t'appelles comment ? Pourquoi tu es venu en Indonésie ?
Quel-est ton métier ? Quelle-est ta religion ?
Pourquoi voyager en Pelni ? Et surtout, pourquoi la Papouasie ?
Il commence à y avoir un bon petit groupe autour de nous, ça me rassure.
L'ambiance rigolarde bonne enfant & les questions en retour en moins.
Le passeport passe de mains en mains, chacun y va de son grain de sel.
Les talkies-walkies me font brutalement prendre conscience
du nombre ahurissant de flics en civil dans la foule.
Le petit groupe de badauds est en fait une escouade de poulets.
Je range l'appareil discrètement, pas folle la guêpe.
Y'en a un qui hurle, il me sort un grand discours auquel
je ne comprend rien (enfin si, je comprends "kamera").
À force de répéter les conversations quotidiennes,
ils ont cru que je parlais indonésien.
Je commence à me défendre, je baragouine comme je peux
tu vas pas m'embarquer comme ça, je suis attendu à Merauke...
Il gobe. Mais il veut quand même voir l'appareil. Tiens.
Il fait lui aussi le tour de ce charmant comité d'accueil.
Forcément exotique dans ce monde de smartphones,
je leur explique qu'il fonctionne avec des pellicules, qu'il est cassé.
Cette fois, il gobe pas. Il s'énerve, & moi je cogite à toute vitesse.
Hors de question de lui laisser un de mes films.
J'essaye de gagner du temps, je finis le film derrière le cache
& rembobine tout doucement.
Ça parlemente dans tous les sens, je ne peux
ni comprendre toutes les questions posées,
ni leur répondre à tous,
ils ont poussé mon indonésien dans ses retranchements.
Les talkies-walkies chauffent,
je comprends simplement qu'il s'agit des numéros.
Je réalise que j'ai un film vierge dans la poche.
Nouveau tour de l'appareil, aucun ne trouve comment l'ouvrir.
Dans ma poche, le film est déballé.
Je leur explique que je vais leur donner le film,
Je leur explique que je vais leur donner le film,
que j'ai besoin de l'appareil.
Finalement, leur nombre joue en ma faveur,
Personne n'est vraiment en mesure de vérifier précisément
ce que je fais, à moins de virer tous ses collègues autour.
J'arrive à leur donner le film vierge.
Le bon est toujours dans l'appareil.
C'était facile en fait.
J'ai chaud, les baksos sont froids.
Ouf, Oma a un thermos.
Finalement, le bateau repart,
sous l'ombre du Puncak Jaya (4884),
avec sa cicatrice béante.
C'était ma première expérience coloniale.
J'aurais tant aimé que ce soit la dernière.
Inscription à :
Articles (Atom)


















































